La DSK mania, qui traumatise et fascine la France entière, s’est un peu calmée. Donner son grain de sel sur les nouvelles, c’est bien, mais loin de moi l’idée de vouloir « décrypter l’actu » comme on dit vulgairement. Je préfère commenter les commentaires, qui eux-mêmes commentent les commentaires, etc. Ce qui m’étonne le plus dans le fond ce qui a été dit et écrit sur l’histoire DSK, c’est que certains (y compris des psys) s’étonnent qu’on puisse désirer autre chose que ce qu’on veut. Et, dans la forme, il est à remarquer que trois arguments ont été brandis dans les médias pour défendre DSK :
1) Il est innocent ;
2) Ce qui est arrivé n’a pas d’importance, « il n’y a pas mort d’homme », ce n’est qu’un « troussage de domestique » ;
3) Tout cela est la faute de la justice américaine, notoirement anti-française et aveuglée par une vague d’égalitarisme et de féminisme.
On le voit, les différents énoncés sont contradictoires. De la même manière que l’argumentation développée dans l’histoire du chaudron rapportée par Freud. La voici ; un homme emprunte un chaudron à un ami. Quand il le lui rend, l'ami se plaint que le chaudron est percé. Alors, pour se défendre, notre homme déclare : « Je ne t'ai jamais emprunté ton chaudron, et puis je te l'ai rendu en bon état, et d'ailleurs il était déjà percé. » Tout ça pour dire : quel chaudron, déjà ? Je ne suis pas responsable, je n’y suis pour rien.
Ce sont des procédés qui cachent, en fait, un aveu. Les amis français de DSK, sous couvert de vouloir le défendre, auraient-ils avoué leur désir de couler un homme si puissant, un si brillant rival ?
28 mai 2011
19 mai 2011
DSK : le festival de Kahn
DSK a dit « tchao » à la France, sans grande élégance mais de manière radicale. Ce qui est amusant dans cette histoire qui alimente toutes les conversations, c’est qu’il y a toute une gamme de réactions, la palette est large et va de la rigolade jusqu’à l’indignation. Et l’attitude de votre interlocuteur est très révélatrice de sa personnalité : plus fort que le test de Rorschach. A quelle catégorie appartenez-vous ?
Parano : « C’est un coup monté. Ce sont certainement les Chinois qui sont derrière tout ça. Ou Sarkozy. »
Franchouille : « Mettre les menottes à ce type comme s’il était un vulgaire délinquant… Quels pourris, ces Américains… Ils détestent la France, c’est clair. »
Grivois tendance macho : « Une jolie soubrette, hé hé hé… Ce DSK, on dira ce qu’on veut, mais il sait vivre. »
Féministe : « Les hommes qui se croient tout permis, ça suffit. »
PS : « Il est innocent, la preuve, c’est mon ami. »
Juridique : « Quels sont les chefs d’accusation, déjà ? Je crois qu’il a de bons avocats. Attendons le procès pour en parler sereinement. »
Réactionnaire : « Sous de Gaulle, un tel scandale aurait été impensable. »
Belge : « Chez nous, ça n’arriverait pas, Elio Di Rupo n’aime pas les femmes. »
Psy : « Un cas intéressant de déclenchement psychotique accompagné d’un passage à l’acte. »
Gauche de la gauche : « C’est une bonne chose, ça fout dans la merde le FMI, qui a ruiné tant de pays en menant une politique anti-sociale. »
Outré : Et la victime ? Personne n’en parle ! »
Romanesque : « Ce bras de fer entre une femme jeune, noire et pauvre, et un vieux blanc riche et célèbre, quel suspens ! Qui va gagner ? Plus fort que la télé-réalité ! »
Inspiré : « DSK, c’est Booz ! Mais si sa gerbe ne fût pas avare, elle fût haineuse…»
Libérale : « DSK a fait la preuve de sa valeur à la tête d’une institution prestigieuse. Mais les hommes passent, les organisations restent. »
Blasé : « Tout le monde sait que ce mec est un malade du cul. »
Touriste : « Vous, les Français, vous êtes vraiment incroyables. »
Voilà, grâce à DSK vous en savez davantage sur vous-même.
Et n’oubliez pas, rendez-vous samedi 21 mai à Bruxelles pour la 3e édition de la Fête des Non-Parents, organisée par Frédérique Longrée et Théophile de Giraud. C’est au bistrot la Goutte, 135 avenue de l’Hippodrome, 1050 Bruxelles, dès 20 heures. Site : http://nonparents.skynetblogs.be/
Parano : « C’est un coup monté. Ce sont certainement les Chinois qui sont derrière tout ça. Ou Sarkozy. »
Franchouille : « Mettre les menottes à ce type comme s’il était un vulgaire délinquant… Quels pourris, ces Américains… Ils détestent la France, c’est clair. »
Grivois tendance macho : « Une jolie soubrette, hé hé hé… Ce DSK, on dira ce qu’on veut, mais il sait vivre. »
Féministe : « Les hommes qui se croient tout permis, ça suffit. »
PS : « Il est innocent, la preuve, c’est mon ami. »
Juridique : « Quels sont les chefs d’accusation, déjà ? Je crois qu’il a de bons avocats. Attendons le procès pour en parler sereinement. »
Réactionnaire : « Sous de Gaulle, un tel scandale aurait été impensable. »
Belge : « Chez nous, ça n’arriverait pas, Elio Di Rupo n’aime pas les femmes. »
Psy : « Un cas intéressant de déclenchement psychotique accompagné d’un passage à l’acte. »
Gauche de la gauche : « C’est une bonne chose, ça fout dans la merde le FMI, qui a ruiné tant de pays en menant une politique anti-sociale. »
Outré : Et la victime ? Personne n’en parle ! »
Romanesque : « Ce bras de fer entre une femme jeune, noire et pauvre, et un vieux blanc riche et célèbre, quel suspens ! Qui va gagner ? Plus fort que la télé-réalité ! »
Inspiré : « DSK, c’est Booz ! Mais si sa gerbe ne fût pas avare, elle fût haineuse…»
Libérale : « DSK a fait la preuve de sa valeur à la tête d’une institution prestigieuse. Mais les hommes passent, les organisations restent. »
Blasé : « Tout le monde sait que ce mec est un malade du cul. »
Touriste : « Vous, les Français, vous êtes vraiment incroyables. »
Voilà, grâce à DSK vous en savez davantage sur vous-même.
Et n’oubliez pas, rendez-vous samedi 21 mai à Bruxelles pour la 3e édition de la Fête des Non-Parents, organisée par Frédérique Longrée et Théophile de Giraud. C’est au bistrot la Goutte, 135 avenue de l’Hippodrome, 1050 Bruxelles, dès 20 heures. Site : http://nonparents.skynetblogs.be/
15 mai 2011
La tontonmanie, ça suffit
Le trentième anniversaire du 10 mai 1981 nous submerge de colloques, d’articles, de livres, d’émissions télé consacrés à François Mitterrand. Il en pleut de partout, moi j’ai enfilé mon ciré, gare aux éclaboussures. Je suis étonnée de ce qu’on puisse, au premier degré, « saluer la mémoire de cet homme ». C’est quand même le type qui a capté l'héritage socialiste à des fins impénétrables (les siennes), mais certainement pas sociales. Copinage, filouteries et mensonges, telles furent les couleurs des années Tonton. Avec la complicité de son entourage et des médias, il a fait avaler aux Français toutes les couleuvres de sa vie. Le rusé s’est arrangé pour les distiller en loucedé et a soigneusement orchestré leur mise à jour : son passé d'extrême droite, Bousquet, les scandales de l'Élysée, sa seconde vie de couple, sa fille « adultérine », son cancer. Défi à la servilité ? Mépris souverain du peuple et des autres ?
Comme l’écrit si bien Jean Baudrillard, il reste de Mitterrand le sarcasme, la manipulation figée du Commandeur, l'ironie obscure et dominatrice de celui qui tient la place du mort. Ce que le masque figé et le pâle sourire incertain exprimaient déjà, de même que sa fameuse phrase flirtant avec le kitch, « je crois aux forces de l’esprit ». Reste de lui la conviction, bien ancrée en certains d’entre nous, que rien ne peut changer – ça fait pas mal d’années que je ne vais plus voter. Une vérité amère qui condamne une gauche durablement dévitalisée par les métastases mitterrandiennes à perdre les élections présidentielles. Quoique… L’année 2012 sera l’année du dragon, et, si l’on en croit le site asiaflash.com, une année favorable aux initiatives les plus insensées et aux réussites les plus folles. Il faudra au moins ça pour conjurer les mauvaises ondes de celui qui se fiche de nous là-haut. Vade retro miterrandas !
Lire : Jean Baudrillard, « L’ombre du Commandeur », Libération, 5 février 1996.
Comme l’écrit si bien Jean Baudrillard, il reste de Mitterrand le sarcasme, la manipulation figée du Commandeur, l'ironie obscure et dominatrice de celui qui tient la place du mort. Ce que le masque figé et le pâle sourire incertain exprimaient déjà, de même que sa fameuse phrase flirtant avec le kitch, « je crois aux forces de l’esprit ». Reste de lui la conviction, bien ancrée en certains d’entre nous, que rien ne peut changer – ça fait pas mal d’années que je ne vais plus voter. Une vérité amère qui condamne une gauche durablement dévitalisée par les métastases mitterrandiennes à perdre les élections présidentielles. Quoique… L’année 2012 sera l’année du dragon, et, si l’on en croit le site asiaflash.com, une année favorable aux initiatives les plus insensées et aux réussites les plus folles. Il faudra au moins ça pour conjurer les mauvaises ondes de celui qui se fiche de nous là-haut. Vade retro miterrandas !
Lire : Jean Baudrillard, « L’ombre du Commandeur », Libération, 5 février 1996.
5 mai 2011
Invisible Ben Laden
Alors, et cette photo de Ben Laden mort, c’est pour quand ? Voilà le trophée que le monde entier attend. La preuve, quand on tape « photo Ben Laden » sur google, on trouve près de douze millions de références… On risque d’attendre en vain, car le président américain Obama a déclaré : « A cause des risques de représailles, pas de photos, elles sont atroces. » Non, pas possible ?! La CIA aurait dû y penser avant de lui faire exploser la cervelle : la communication c’est important. Un mort célèbre doit être présentable. Le camarade Che Guevara, lui, a su garder sa dignité jusque dans la mort.
Un cadavre jeté à la mer, des photos gardées secrètes : Ben Laden mort restera donc invisible, à l’image de sa vie. Depuis des années il vivait sous le radar, sous tous les radars, pas de téléphone, pas d’Internet. Un homme d’autant plus dangereux qu’il était caché, qu’il échappait à tout repérage, à toute coordonnée. De même que son organisation, Al-Qaïda, cette nébuleuse aux contours flous, dont tout le monde craint aujourd’hui la vengeance. Invisible, c’est vraiment le mot, le fin mot du destin de Ben Laden. Et c’est par là, peut-être, qu’il a piégé les Américains, qui lui ont offert ce qu’il voulait : être aussi invisible mort que vivant. « Invisible j’ai été, invisible je resterai. Donc, je ne suis pas vraiment mort, puisque je n’étais pas vraiment vivant non plus. Je serai aussi dangereux mort que vivant. »
Plus gai : lire le feuilleton littéraire que tout Paris s’arrache, "L'affaire Hem", sur le site Internet de référence : touchalon.free.fr.
Un cadavre jeté à la mer, des photos gardées secrètes : Ben Laden mort restera donc invisible, à l’image de sa vie. Depuis des années il vivait sous le radar, sous tous les radars, pas de téléphone, pas d’Internet. Un homme d’autant plus dangereux qu’il était caché, qu’il échappait à tout repérage, à toute coordonnée. De même que son organisation, Al-Qaïda, cette nébuleuse aux contours flous, dont tout le monde craint aujourd’hui la vengeance. Invisible, c’est vraiment le mot, le fin mot du destin de Ben Laden. Et c’est par là, peut-être, qu’il a piégé les Américains, qui lui ont offert ce qu’il voulait : être aussi invisible mort que vivant. « Invisible j’ai été, invisible je resterai. Donc, je ne suis pas vraiment mort, puisque je n’étais pas vraiment vivant non plus. Je serai aussi dangereux mort que vivant. »
Plus gai : lire le feuilleton littéraire que tout Paris s’arrache, "L'affaire Hem", sur le site Internet de référence : touchalon.free.fr.
25 avril 2011
La mère Anémone est-elle une ordure ?
Le scoop de la semaine dernière : l’actrice Anémone lâche un pavé dans la mare de la maternité aux micros de France Infos. « J’aurais été plus heureuse sans enfants », avoue celle-ci, tout en précisant quand même qu’elle s’est toujours occupée du mieux qu’elle le pouvait de ses deux rejetons. Scandale ! Que voilà une mère indigne, une femme aigrie ! Tout le monde en parle sur le Net. Manifestement, on ne plaisante pas avec ce tabou contemporain qu'est la maternité.
L’évoquer autrement que pour dire « je suis une mère comblée, mes enfants sont ma joie de vivre » est impensable. Il aurait mieux valu qu’Anémone parle de partouzes sado-maso, de sodomie ou de ses hémorroïdes, cela aurait suscité moins de commentaires. Anecdotique ? Non, révélateur. Ce que dit Anémone, c’est : « J’ai fait ce que j’ai pu et ça suffit ». Pas de doute, ça suffit, et un célèbre pédiatre a pu faire l’éloge de « la mère suffisamment bonne » - car trop bonne, c’est trop. Dans les services psychiatriques des hôpitaux, il y a pas mal de gens qui ont eu des mères trop bonnes.
Par ailleurs, il est amusant de noter que l’idée de « faire son devoir » est passée à la trappe. Avant, probablement avant 1968, les gens élevaient leurs enfants et allaient bosser par devoir. On en chiait, mais il le fallait, c’était comme ça. Maintenant, on en bave toujours autant (ne venez pas me dire le contraire) mais il faut y prendre plaisir. C’est le règne du surmoi, dont l’injonction est double : « obéis, marche en rang », et « jouis ». Sur ces bonnes paroles, je vous laisse car les besognes ménagères n’attendent pas. Le devoir m’appelle.
L’évoquer autrement que pour dire « je suis une mère comblée, mes enfants sont ma joie de vivre » est impensable. Il aurait mieux valu qu’Anémone parle de partouzes sado-maso, de sodomie ou de ses hémorroïdes, cela aurait suscité moins de commentaires. Anecdotique ? Non, révélateur. Ce que dit Anémone, c’est : « J’ai fait ce que j’ai pu et ça suffit ». Pas de doute, ça suffit, et un célèbre pédiatre a pu faire l’éloge de « la mère suffisamment bonne » - car trop bonne, c’est trop. Dans les services psychiatriques des hôpitaux, il y a pas mal de gens qui ont eu des mères trop bonnes.
Par ailleurs, il est amusant de noter que l’idée de « faire son devoir » est passée à la trappe. Avant, probablement avant 1968, les gens élevaient leurs enfants et allaient bosser par devoir. On en chiait, mais il le fallait, c’était comme ça. Maintenant, on en bave toujours autant (ne venez pas me dire le contraire) mais il faut y prendre plaisir. C’est le règne du surmoi, dont l’injonction est double : « obéis, marche en rang », et « jouis ». Sur ces bonnes paroles, je vous laisse car les besognes ménagères n’attendent pas. Le devoir m’appelle.
14 avril 2011
Je suis couverte
Burqa = attentats = caca. La loi interdisant de porter le niqab ou la burqa en public est entrée en vigueur lundi 11 avril en France. Il y va, paraît-il, de notre sécurité et de nos libertés. Qui ne s’y conforme pas s’expose à une amende de 150 € ou à se voir imposer un cours de citoyenneté. Moi, je suis concernée au premier chef. Non pas pour des raisons religieuses, car de religion je n’en ai pas. Mes parents, élevés dans des cultes différents, m’ont toujours dit : « tu choisiras quand tu seras grande ». Comme je n’ai pas très envie de grandir, je n’ai jamais choisi, et ça attendra. Non, cette interdiction me concerne pour des raisons dermatologiques. En effet, mon docteur vient de m’annoncer que j’étais atteinte de chloasma : rien de bien grave, ce sont des taches marrons pas très jolies qui apparaissent sur le visage. Mais me voilà interdite de bronzette. Le soleil, dorénavant, est mon ennemi. Pas un seul de ses rayons ne doit toucher mon blanc visage. Que faire ? Quel pare-soleil adopter ? Ecran total, sombrero, crème blanchissante façon Michael Jackson ? Cela ne suffira pas. J’ai pensé à une voilette intégrale. Une idée qui me met de plain-pied dans l’illégalité. Je m’en fiche, si la police me verbalise, je peux produire un certificat médical. Et un mot des parents certifiant que j’ai été élevée dans un contexte pur porc non-religieux. Avec toute cette paperasse, me voilà couverte. N’est-ce pas l’essentiel ?
4 avril 2011
Les symboles n’ont pas de bol
Aujourd’hui, on reçoit deux cartes postales plaisantes venues du Nord de la France. A Neuville-en-Ferrain, un buste de Marianne aux seins trop avantageux a été retiré de la salle des mariages. A Bauvin, c’est le portrait du président de la République qui a été décroché : certains époux refusaient de se dire oui sous le regard de Nicolas Sarkozy. Une Marianne trop sexy chez les uns, un président pas assez glamour chez les autres. Neuville se la joue « cachez ce sein que je ne saurais voir », à Bauvin, c’est « cachez ce nain que l’on ne peut plus voir ».
Au placard, les symboles de la République ! Le buzz monte, la polémique gronde chez les Neuvillois et les Bauvinois ; qu’est-ce qu’un symbole de la République ? Où est le mode d’emploi, quelles sont les dates de péremption ? Cela tombe à pic, un rapport parlementaire sur le respect des symboles de la République a été récemment bouclé. Une loi s’impose, car la guerre civile menace. Décidément, le Nord est plein de surprises : vive les ch’tis.
Au placard, les symboles de la République ! Le buzz monte, la polémique gronde chez les Neuvillois et les Bauvinois ; qu’est-ce qu’un symbole de la République ? Où est le mode d’emploi, quelles sont les dates de péremption ? Cela tombe à pic, un rapport parlementaire sur le respect des symboles de la République a été récemment bouclé. Une loi s’impose, car la guerre civile menace. Décidément, le Nord est plein de surprises : vive les ch’tis.
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