Bonjour à tous,
Je relaie sur ce blog une information (ci-dessous) qui peut vous intéresser : elle concerne la Fête des Non-Parents. N'hésitez pas à venir guindailler avec nous le samedi 15 mai prochain ! Je signale pour le lecteur non-averti que "guindailler" est un belgicisme : ce sera donc une fête mi-belge mi-poisson.
CM
FETE DES NON-PARENTS le samedi 15 mai à Paris
En hommage aux childfree, aura lieu le samedi 15 mai la première édition parisienne de la Fête des Non-Parents, organisée par Théophile de Giraud et Frédérique Longrée.
Cette année, nos invité(e)s d’honneur seront Noël GODIN (alias l’entarteur), Corinne MAIER (auteure de No kid, 40 raisons de ne pas avoir d’enfant) et Laure NOUALHAT (journaliste environnementaliste à Libération et Siné-Hebdo).
Pour ceux qui l’ont ratée, on rappelle qu’une première Fête des Non-Parents s'est déroulée l'an dernier à Bruxelles.
Nous souhaitons à la fois célébrer les personnes qui choisissent de ne pas avoir d’enfant et dénoncer la pression sociale qui pèse sur les épaules des childfree. Un espace de dialogue et de rencontre autour de la question de la non-procréation nous semble nécessaire. Cette année, l’aspect écologique de la non-parentalité se placera au cœur des débats – mais surtout des rires, car on est aussi là pour s’amuser.
La philosophie de notre démarche, le programme de la soirée et toutes les informations relatives à cet événement sur notre blog : http://nonparents.skynetblogs.be
Rendez-vous le samedi 15 mai à partir de 19 heures au Comptoir Général, 80, quai de Jemmapes, Paris 75010, métro République.
Théophile et Frédérique
Contacts
Théophile de Giraud : 0032 (0) 472 923 308
theophile.de.giraud@skynet.be
Frédérique Longrée : 0032 (0) 478 340 263
frederique.longree@gmail.com
25 mars 2010
Pirouettes, cacahuètes
A l’heure où le salon du livre de Paris ouvre ses portes, un livre capital (c’est le mot) paraît : c’est "Tirage de tête, Vie et succès de Michel Touchalon, éditeur", par Clément Maraud (éditions de la Soupente). Un incisif roman à clé, dont le personnage principal, Michel Touchalon, né une cuiller d’argent dans la bouche, décide un beau matin d’impressionner son entourage (et sa richissime femme) en devenant éditeur. Il ne lit jamais ? C’est un détail. Voilà un métier chic et germanopratin qu’il exerce depuis quinze ans, toujours fidèle à cette unique ligne de conduite : ce qui compte, c’est de publier à tous prix. Un prix payé par les autres : son inénarrable personnage, ventre en avant et cigare aux lèvres, se moque de tout le monde.
Cette méthode est plus répandue qu’on le croit dans le monde feutré de l’édition en France. Mais elle trouve dans cet ouvrage très documenté et mené par une plume alerte sa véritable épure. Toute ressemblance avec un personnage existant ne serait peut-être pas fortuite… Apprentis éditeurs, un livre à lire d’urgence : tous les trucs pour ne payer personne et pour faire figure dans le PIF (paysage intellectuel français). On s’arrache déjà "Tirage de tête" (208 pages, 20 euros franco de port). Le commander sur : http://touchalon.free.fr Et, pour les autres, n’oubliez pas : le dîner des « cons » des éditions Michalon aura lieu comme prévu mardi 30 mars à 21 heures au restaurant « La main d’or », 133 rue du Fg Saint-Antoine, Paris 75 011. Plus d’infos : voir posts précédents.
Cette méthode est plus répandue qu’on le croit dans le monde feutré de l’édition en France. Mais elle trouve dans cet ouvrage très documenté et mené par une plume alerte sa véritable épure. Toute ressemblance avec un personnage existant ne serait peut-être pas fortuite… Apprentis éditeurs, un livre à lire d’urgence : tous les trucs pour ne payer personne et pour faire figure dans le PIF (paysage intellectuel français). On s’arrache déjà "Tirage de tête" (208 pages, 20 euros franco de port). Le commander sur : http://touchalon.free.fr Et, pour les autres, n’oubliez pas : le dîner des « cons » des éditions Michalon aura lieu comme prévu mardi 30 mars à 21 heures au restaurant « La main d’or », 133 rue du Fg Saint-Antoine, Paris 75 011. Plus d’infos : voir posts précédents.
1 mars 2010
Le dîner des cons, suite (mais pas fin)
Le dîner des « cons » de Michalon (lire mon précédent post) que j'organise le 30 mars attire du monde : déjà une quinzaine d'inscrits. C'est la preuve que payer ses auteurs et créanciers n'a pas été le souci premier de cette maison soi-disant d'édition... Mais qui vivra verra, et qui se réunira le 30 décidera des suites à donner à tout cela. Avis aux floués, enfumés, roulés : encore quelques places disponibles !
Il y aurait beaucoup à dire sur l'édition en France. Voilà un secteur poussif menacé par la crise économique, l'absence de renouvellement de son personnel, de ses collections, des sujets traités. Il suffit d'aller dans une librairie en Angleterre pour comprendre la différence : là-bas, ce ne sont pas les idées décalées et les concepts de bouquins différents qui manquent. On peut prédire sans grand risque de se tromper que le secteur du livre en France, ronronnant dans le même et le déjà-vu, sera balayé par la concurrence des supports électroniques. Malheur aux vaincus de l'ordre numérique !
En attendant le bouillon final, ceux qui travaillent dans et pour ce secteur sont de plus en plus prolétarisés. Auteurs défrayés quand il reste de l'argent dans les caisses, éditeurs payés 1500 euros par mois pour 60 heures de travail par semaine, graphistes et correcteurs rémunérés au lance-pierre... A force de faire des économies de bouts de chandelle, forcément, la qualité s'en ressent. Du reste, c'est l'explication de la bourde récente de BHL, qui a cité dans son nouvel ouvrage un auteur qui n'existe pas : quelque part dans les bureaux de Grasset, un éditeur et/ou correcteur n'a pas fait son boulot de vérification des sources.
Vous allez me dire, dans le chaos du monde, tout le monde s'en fout. Mais comme plus de deux millions de Français écrivent et aspirent à la publication de leur livre, autant les informer. Un mouton avisé vaut bien un loup. Oui, c'est dans les fables de La Fontaine. Laquelle ? Qui cherche et trouve gagne... un livre.
Il y aurait beaucoup à dire sur l'édition en France. Voilà un secteur poussif menacé par la crise économique, l'absence de renouvellement de son personnel, de ses collections, des sujets traités. Il suffit d'aller dans une librairie en Angleterre pour comprendre la différence : là-bas, ce ne sont pas les idées décalées et les concepts de bouquins différents qui manquent. On peut prédire sans grand risque de se tromper que le secteur du livre en France, ronronnant dans le même et le déjà-vu, sera balayé par la concurrence des supports électroniques. Malheur aux vaincus de l'ordre numérique !
En attendant le bouillon final, ceux qui travaillent dans et pour ce secteur sont de plus en plus prolétarisés. Auteurs défrayés quand il reste de l'argent dans les caisses, éditeurs payés 1500 euros par mois pour 60 heures de travail par semaine, graphistes et correcteurs rémunérés au lance-pierre... A force de faire des économies de bouts de chandelle, forcément, la qualité s'en ressent. Du reste, c'est l'explication de la bourde récente de BHL, qui a cité dans son nouvel ouvrage un auteur qui n'existe pas : quelque part dans les bureaux de Grasset, un éditeur et/ou correcteur n'a pas fait son boulot de vérification des sources.
Vous allez me dire, dans le chaos du monde, tout le monde s'en fout. Mais comme plus de deux millions de Français écrivent et aspirent à la publication de leur livre, autant les informer. Un mouton avisé vaut bien un loup. Oui, c'est dans les fables de La Fontaine. Laquelle ? Qui cherche et trouve gagne... un livre.
13 février 2010
Michalon, piège à « cons »
Les éditions Michalon ont été mises en redressement judiciaire en 2009 ; montant de leurs dettes, qui ne seront jamais payées : près de deux millions d'euros. C'est beaucoup pour tous les imprimeurs, graphistes, correcteurs, auteurs laissés sur le bord de la route. S'étant débarrassé de leurs dettes comme d'une crotte en fermant boutique, les éditions sont réapparues début 2010 sous le nom de « Michalon éditions ». Un peu comme certains magasins de matériel informatique, qui font faillite et ré-ouvrent deux rues plus loin... Coucou les revoilou : voguant à présent sous pavillon Max Milo, qui l'a repris pour une bouchée de pain, Michalon continue à publier. On se croirait dans un roman de Balzac, mais c'est juste une péripétie du grand roman de l'édition en France, qui n'est pas un long fleuve tranquille. L « effervescence du débat » revendiquée par cette structure ? Oui, mais à quel prix !
Pas étonnant que les « cons » des éditions Michalon soient nombreux. Les langues commencent à se délier, le buzz autour de cette boîte sent la mauvaise haleine. Pourquoi ne pas nous retrouver pour boire à nos déboires et à la mauvaise santé de cet inénarrable personnage, qui mérite bien le « pilon d'or » de l'éditeur le plus foutagedegueule de la décennie ? Si vous ne faîtes pas partie des floués, vous êtes invité quand même : ça pourrait vous arriver un jour !
Le dîner des « cons » de Michalon aura lieu le mardi 30 mars 2010 à 21 heures au restaurant « La main d'or », 133 rue du Fg. Saint-Antoine, 75011 Paris. Déjà une quinzaine d'inscrits. Encore quelques places disponibles !
Contact et inscription : corinne.maier@laposte.net
Pour plus d'info, la saga de Michalon racontée par l'un de ses bernés, Clément Maraud : touchalon.free.fr
Le témoignage d'une auteure, Bénédicte Desforges :
police.etc.over-blog.net/article-flic-m-a-tuer-44814432.html
Pas étonnant que les « cons » des éditions Michalon soient nombreux. Les langues commencent à se délier, le buzz autour de cette boîte sent la mauvaise haleine. Pourquoi ne pas nous retrouver pour boire à nos déboires et à la mauvaise santé de cet inénarrable personnage, qui mérite bien le « pilon d'or » de l'éditeur le plus foutagedegueule de la décennie ? Si vous ne faîtes pas partie des floués, vous êtes invité quand même : ça pourrait vous arriver un jour !
Le dîner des « cons » de Michalon aura lieu le mardi 30 mars 2010 à 21 heures au restaurant « La main d'or », 133 rue du Fg. Saint-Antoine, 75011 Paris. Déjà une quinzaine d'inscrits. Encore quelques places disponibles !
Contact et inscription : corinne.maier@laposte.net
Pour plus d'info, la saga de Michalon racontée par l'un de ses bernés, Clément Maraud : touchalon.free.fr
Le témoignage d'une auteure, Bénédicte Desforges :
police.etc.over-blog.net/article-flic-m-a-tuer-44814432.html
6 décembre 2009
Couilles bleu-blanc-rouge
Un questionnaire sous forme de “guide de réflexion” a été transmis aux Français de l'extérieur par les consulats de France à l'étranger. Ce texte, accessible sur www.consulfrance-bruxelles.org, comporte une cinquantaine de questions destinées à tester (de façon anonyme) la francitude du sondé.
La question “Possédez-vous un drapeau français ? Si oui à quelle occasion l'utilisez-vous ?”, est assez savoureuse.
“Ne pas voter, n'est-ce pas se mettre en dehors de la vie de la Nation ?”, vous rappelle vos devoirs de citoyen.
La dernière question, “Pensez-vous que le fait d'être français soit un facteur constitutif de votre identité ?”, pousse à l'introspection. On hésite entre le rire et la consternation.
Je viens d'avoir une idée géniale (et lucrative) pour accompagner les projets étatiques : organiser des “séminaires d'introduction à la francité”. On y apprendrait comment être français sans peine. Une bonne idée pour se faire des couilles, non pas en or, mais bleu-blanc-rouge.
La question “Possédez-vous un drapeau français ? Si oui à quelle occasion l'utilisez-vous ?”, est assez savoureuse.
“Ne pas voter, n'est-ce pas se mettre en dehors de la vie de la Nation ?”, vous rappelle vos devoirs de citoyen.
La dernière question, “Pensez-vous que le fait d'être français soit un facteur constitutif de votre identité ?”, pousse à l'introspection. On hésite entre le rire et la consternation.
Je viens d'avoir une idée géniale (et lucrative) pour accompagner les projets étatiques : organiser des “séminaires d'introduction à la francité”. On y apprendrait comment être français sans peine. Une bonne idée pour se faire des couilles, non pas en or, mais bleu-blanc-rouge.
26 novembre 2009
On se fait le mur ?
On a fêté les vingt ans de la chute du mur de Berlin. Oui, je sais, ça date un peu. Mais quand c'est arrivé, j'étais malade. J'ai donc un ou deux trains de retard – il faut un certificat médical ? Il est encore temps de s'amuser un peu en regardant l'événement un peu autrement. Comment ? Ci-dessous quatre voies de sortir de l'autoroute de la « pensée unique ». Bien sûr il y en a d'autres : à vous de jouer ?
Didactique
L'Europe célèbre le 20e anniversaire de la chute du mur. 1989 : ce qui s'est achevé cette année-là, c'est avant tout la deuxième guerre mondiale. La véritable paix en Europe, celle des braves et celle des autres, a commencé le jour où le mur est tombé. Entre 1945 et 1989, la guerre a continué, par d'autres moyens que les armes. Donc, la morale de l'histoire (qui aurait enchanté Clausewitz), c'est qu'il ne suffit pas de signer la paix pour mettre fin à une guerre. Et aussi, peut-être, qu'il ne suffit pas de célébrer la liberté par une opération de comm' géante pour qu'elle soit au rendez-vous.
Contestataire
Le mur de Berlin est tombé il y a vingt ans. L'Allemagne, mais aussi l'Europe tout entière, tiennent là une belle opération de communication à destination du monde entier. Dommage, Obama n'était pas là. Voilà un message fort à porter vers les autres continents : regardez, ce qu'on a réussi à faire, vous pouvez l'accomplir aussi. Vous aussi, abattez vos murs. Hélas, il nous faut reconnaître qu'il reste un mur en l'Europe. C'est la Méditerranée. Oui, cette palissade d'eau qui nous sépare de ceux qui voudraient fuir leur continent, et tentent la traversée au péril de leur vie. Si on l'asséchait ?
Grinçant
Et vous, vous faisiez quoi le jour où le mur est tombé ? Le mur de Berlin est tombé il y a vingt ans. On fête l'Europe réunifiée : elle est devenue un vaste ensemble a-national, a-conflictuel, a-dramatique. On se réjouit : « L'Europe, l'Europe, l'Europe ! ». Les cabris sautent sur leur chaise. L'Europe dit oui à l'Europe de la liberté, oui au continent où les choses n'ont même plus besoin de leur contraire pour exister, oui à Ouiland. On en baille d'ennui, autant jouer aux dominos. Du reste, un des clous de la fête ringarde que Berlin a administré au monde entier, c'est une pluie de dominos en polystyrène : on en conviendra, ça ne casse pas des briques.
Français
Hors d'Allemagne, c'est en France que le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin est fêté avec le plus d'éclat. Il est vrai que les Français, encore étourdis par leur bicentenaire de la révolution, ont raté l'événement en 1989. Sarkozy, y était-il ? Sur Facebook, le président a prétendu s'être trouvé à Berlin le 9 novembre et avoir donné les « premiers coups de pioche » dans le mur. Mais il y a controverse concernant la date. Encore un couac de l'Elysée ? A force de vouloir creuser son sillon partout où quelque chose se passe, Sarko finira par se planter.
Didactique
L'Europe célèbre le 20e anniversaire de la chute du mur. 1989 : ce qui s'est achevé cette année-là, c'est avant tout la deuxième guerre mondiale. La véritable paix en Europe, celle des braves et celle des autres, a commencé le jour où le mur est tombé. Entre 1945 et 1989, la guerre a continué, par d'autres moyens que les armes. Donc, la morale de l'histoire (qui aurait enchanté Clausewitz), c'est qu'il ne suffit pas de signer la paix pour mettre fin à une guerre. Et aussi, peut-être, qu'il ne suffit pas de célébrer la liberté par une opération de comm' géante pour qu'elle soit au rendez-vous.
Contestataire
Le mur de Berlin est tombé il y a vingt ans. L'Allemagne, mais aussi l'Europe tout entière, tiennent là une belle opération de communication à destination du monde entier. Dommage, Obama n'était pas là. Voilà un message fort à porter vers les autres continents : regardez, ce qu'on a réussi à faire, vous pouvez l'accomplir aussi. Vous aussi, abattez vos murs. Hélas, il nous faut reconnaître qu'il reste un mur en l'Europe. C'est la Méditerranée. Oui, cette palissade d'eau qui nous sépare de ceux qui voudraient fuir leur continent, et tentent la traversée au péril de leur vie. Si on l'asséchait ?
Grinçant
Et vous, vous faisiez quoi le jour où le mur est tombé ? Le mur de Berlin est tombé il y a vingt ans. On fête l'Europe réunifiée : elle est devenue un vaste ensemble a-national, a-conflictuel, a-dramatique. On se réjouit : « L'Europe, l'Europe, l'Europe ! ». Les cabris sautent sur leur chaise. L'Europe dit oui à l'Europe de la liberté, oui au continent où les choses n'ont même plus besoin de leur contraire pour exister, oui à Ouiland. On en baille d'ennui, autant jouer aux dominos. Du reste, un des clous de la fête ringarde que Berlin a administré au monde entier, c'est une pluie de dominos en polystyrène : on en conviendra, ça ne casse pas des briques.
Français
Hors d'Allemagne, c'est en France que le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin est fêté avec le plus d'éclat. Il est vrai que les Français, encore étourdis par leur bicentenaire de la révolution, ont raté l'événement en 1989. Sarkozy, y était-il ? Sur Facebook, le président a prétendu s'être trouvé à Berlin le 9 novembre et avoir donné les « premiers coups de pioche » dans le mur. Mais il y a controverse concernant la date. Encore un couac de l'Elysée ? A force de vouloir creuser son sillon partout où quelque chose se passe, Sarko finira par se planter.
4 novembre 2009
Le Maier de l'info
Bonjour chez vous, et ailleurs aussi.
Déplorons ensemble la fin du feuilleton qui a tenu en haleine tous les Français, celui de l'avenir de Jean Sarkozy. A 23 ans, le fils du président s'est certes donné la peine d'être né mais il peine à commencer ses études de droit. Que va-t-il devenir ? Son père lui avait réservé la présidence de l'EPAD, ce qui a suscité de nombreux sarcasmes et accusations de « népotisme » (on note que c'est un mot nouveau dans le PPF, paysage politique français). Aussi Jean a-t-il jeté le gant le 22 octobre : non, la France n'EPAD (n'est pas) et ne sera pas une république bananière. Le pouvoir se serait-il banané sur cette affaire ? Peut-être, mais Jean a de la ressource. Il pose à présent en héros du renoncement. Comme celle dont les aventures bercèrent jadis la jeunesse de son père Nicolas : nous voulons parler de la Princesse de Clèves.
Sans transition, la crise du lait. Tous les Européens ont vu depuis des mois, au journal télévisé, des millions de litres de laits déversés dans les rues ou les champs par des agriculteurs en colère. Le gaspillage, c'est laid, nos parents nous répétaient : « Pense aux petits Ethiopiens qui meurent de faim ! » Mais les éleveurs n'ont pas peur d'éclabousser leur image : ils en ont ras les cornes d'être les victimes de la chute des prix sur un marché en cours de libéralisation. Que fait l'Etat ? Se pourrait-il qu'il manque à sa mission d'éternelle vache à lait ? On apprend que les mamelles généreuses de la Commission européenne devraient lâcher prochainement 300 millions d'aide. Afin que tout continue comme dans la chanson de Serge Gainsbourg : « la beauté cachée du lait-du lait se boit sans délai-délai ».
Prenons à présent un peu de hauteur. Le 21 octobre, trois Afghans en situation irrégulière ont été reconduits manu militari dans leur pays d'origine. Un very bad trip ? Renvoyer des gens vers un pays en guerre n'est pas ce qu'on fait de plus glorieux, même si s'envoyer en l'air et y envoyer les autres peut parfois présenter ses charmes. Encore faut-il envelopper tout ça d'un peu de « pédagogie citoyenne ». A cause d'un certain cafouillage et de nombreux ratés autour de cette affaire, on a cru que ça branlait dans le manche du côté du château. Mais il y a quand même un pilote dans l'avion. Explication un peu embarrassée des autorités françaises : on n'en expulse que trois + l'avion est anglais = c'est pas grave. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y avait pas de surbooking le jour du vol. On ne sait rien sur les circonstances de leur arrivée, mais les trois passagers feront l'objet « d'un suivi individualisé » : c'est sûr, cela plane pour eux.
Déplorons ensemble la fin du feuilleton qui a tenu en haleine tous les Français, celui de l'avenir de Jean Sarkozy. A 23 ans, le fils du président s'est certes donné la peine d'être né mais il peine à commencer ses études de droit. Que va-t-il devenir ? Son père lui avait réservé la présidence de l'EPAD, ce qui a suscité de nombreux sarcasmes et accusations de « népotisme » (on note que c'est un mot nouveau dans le PPF, paysage politique français). Aussi Jean a-t-il jeté le gant le 22 octobre : non, la France n'EPAD (n'est pas) et ne sera pas une république bananière. Le pouvoir se serait-il banané sur cette affaire ? Peut-être, mais Jean a de la ressource. Il pose à présent en héros du renoncement. Comme celle dont les aventures bercèrent jadis la jeunesse de son père Nicolas : nous voulons parler de la Princesse de Clèves.
Sans transition, la crise du lait. Tous les Européens ont vu depuis des mois, au journal télévisé, des millions de litres de laits déversés dans les rues ou les champs par des agriculteurs en colère. Le gaspillage, c'est laid, nos parents nous répétaient : « Pense aux petits Ethiopiens qui meurent de faim ! » Mais les éleveurs n'ont pas peur d'éclabousser leur image : ils en ont ras les cornes d'être les victimes de la chute des prix sur un marché en cours de libéralisation. Que fait l'Etat ? Se pourrait-il qu'il manque à sa mission d'éternelle vache à lait ? On apprend que les mamelles généreuses de la Commission européenne devraient lâcher prochainement 300 millions d'aide. Afin que tout continue comme dans la chanson de Serge Gainsbourg : « la beauté cachée du lait-du lait se boit sans délai-délai ».
Prenons à présent un peu de hauteur. Le 21 octobre, trois Afghans en situation irrégulière ont été reconduits manu militari dans leur pays d'origine. Un very bad trip ? Renvoyer des gens vers un pays en guerre n'est pas ce qu'on fait de plus glorieux, même si s'envoyer en l'air et y envoyer les autres peut parfois présenter ses charmes. Encore faut-il envelopper tout ça d'un peu de « pédagogie citoyenne ». A cause d'un certain cafouillage et de nombreux ratés autour de cette affaire, on a cru que ça branlait dans le manche du côté du château. Mais il y a quand même un pilote dans l'avion. Explication un peu embarrassée des autorités françaises : on n'en expulse que trois + l'avion est anglais = c'est pas grave. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y avait pas de surbooking le jour du vol. On ne sait rien sur les circonstances de leur arrivée, mais les trois passagers feront l'objet « d'un suivi individualisé » : c'est sûr, cela plane pour eux.
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